Allemagne : une compétitivité dégradée

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Après une année de récession, l’activité devrait connaître un redressement progressif et limité au cours du second semestre.
Par Habib Hobeika
Publié le 28/01/2024 à 10h45
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Christian-lindner(© DAVOS WORLD ECONOMIC FORUM)

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Nos voisins d’outre-Rhin ont-ils bientôt fini de manger leur pain noir ? En 2023, leur économie est la seule parmi les pays du G7 à avoir subi une récession : le PIB s’est contracté de 0,3%, un peu moins cependant que ce que prévoyait le gouvernement allemand (-0,4%) et le FMI (-0,5%). Au quatrième trimestre, il a également baissé de 0,3% en glissement annuel, après une quasi-stagnation (-0,1%) les trois mois précédents. Sa progression depuis 2019, année précédant la pandémie, est particulièrement faible (+0,7%).

Et l’activité demeure bridée à ce jour, même si l’horizon semble s’éclaircir quelque peu. Selon les derniers indicateurs Zew, la confiance à l’égard de la situation actuelle est toujours basse, mais les perspectives apparaissent meilleures (Le Revenu n°1772).

Le résultat de cette enquête mensuelle reflète le sentiment des investisseurs, non des entreprises ou des ménages. Néanmoins, cela constitue un assez bon indicateur avancé du retournement du cycle conjoncturel, souligne LBP AM.

Carences structurelles

Or, les indices des directeurs d’achat (PMI) et de confiance des consommateurs ont cessé de se dégrader à la fin de 2023. Ce qui suggère que l’activité pourrait commencer à s’améliorer dans le courant de cette année. Cependant, le redressement devrait être progressif et limité. Au cours des prochains mois, bon nombre des freins récents à la croissance allemande persisteront, touchant à la fois la demande intérieure et les exportations.

Dans certains cas, ils auront un impact encore plus fort que l’année dernière, estime la banque ING. Qui cite les nouvelles tensions dans la chaîne d’approvisionnement résultant des opérations militaires en mer Rouge, le ralentissement en cours de l’économie américaine, le resserrement de la politique monétaire de la Banque centrale européenne et les incertitudes liées aux récentes difficultés budgétaires (Le Revenu n° 1767).

Le second semestre devrait être plus soutenu, grâce en particulier aux premières baisses des taux directeurs de la BCE. Une progression des salaires réels aurait également un effet positif sur la consommation. Malgré tout, le risque que 2024 soit une nouvelle année de récession existe. Si le FMI prévoit un rebond de 0,9% du PIB allemand cette année, d’autres organismes sont pessimistes, comme l’institut IW, qui s’attend à une contraction de 0,5%. Ce serait alors la première fois depuis le début des années 2000 que le pays subit une récession de deux ans.
En réalité, la faiblesse de la première économie européenne n’est pas uniquement conjoncturelle. L’industrie, qui constitue son épine dorsale, a vu sa compétitivité internationale se dégrader avant la pandémie et la guerre en Ukraine. Celles-ci ont révélé des carences structurelles, telles que le manque d’investissements dans la transition énergétique, les infrastructures et l’éducation.

Entraves budgétaires

Comme l’a récemment reconnu le ministre des Finances, Christian Lindner, lors du forum de Davos, le pays a besoin de réformes. Le gouvernement devrait mieux soutenir l’innovation, en subventionnant les entreprises engagées dans l’intelligence artificielle et les énergies renouvelables (hydroélectricité, batteries électriques…), souligne ING. En outre, un plafonnement sur plusieurs années des prix de l’énergie, accompagné d’un calendrier pour la transition énergétique, dissuaderait bon nombre d’entreprises de délocaliser leur production.
Dans les administrations, enfin, il paraît urgent de développer les équipements numériques et d’alléger les procédures réglementaires pour les appels d’offres publics. Mais toutes ces mesures nécessiteraient d’importants financements. Ils semblent difficiles à trouver tant que la politique économique allemande reste soumise au dogme de l’austérité budgétaire.

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